Le somnambulisme

A l’évocation du somnambulisme, nous avons tous en tête la situation comique d’un individu marchant dans son sommeil, les bras tendus devant lui, tel que le cinéma ou les cartoons ont pu nous le dépeindre. La réalité peut être toute autre, car il s’agit avant tout d’un trouble du sommeil, pouvant se manifester de manière assez violente.

 

 

Un trouble encore méconnu

Il s’agit d’un phénomène de parasomnie, c’est à dire de comportement anormal pendant le sommeil lent profond. Il existerait une forte prédisposition génétique à ce trouble. Pour le Pr Isabelle Arnulf, du service de pathologies du sommeil à la Pitié-Salpêtrière, «le somnambulisme n’est pas banal car il s’accompagne de toutes sortes de troubles diurnes: de la somnolence, de l’anxiété, de la honte… Pourtant, très peu de gens viennent consulter.» Très fréquent dans l’enfance (un enfant sur 4), le somnambulisme tend à disparaître pour ne concerner plus que 2 % des adultes.

D’après le Dr Régis Lopez, de l’hôpital Gui-de-Chauliac, à Montpellier, qui a étudié de près des patients atteints de somnambulisme sévère, les témoignages d’épisodes violents au cours d’une expérience somnambule ne sont pas rares. Une large partie de ces témoins ont pu aller jusqu’à se blesser accidentellement, sans n’avoir ressenti aucune douleur, tout en restant endormi. Paradoxalement, les somnambules sont plus sensibles à certaines douleurs chroniques dans la journée, comme des migraines et des maux de tête.

 

Pas d’inquiétude…mais une consultation s’impose

Pour Isabelle Arnulf, «Le somnambulisme est négligé, déplore la neurologue. Il faut consulter dès lors qu’on se met en danger pendant un épisode: quand on s’approche des fenêtres, qu’on ouvre des portes, qu’on a un comportement sexuel, qu’on se prépare à manger… Il faut faire un diagnostic ne serait-ce que pour écarter d’autres causes possibles, comme l’épilepsie, certains troubles psychiatriques, la confusion du sujet âgé.»

Le somnambulisme ayant une composante génétique (on identifie des «familles» de somnambules), une étude génétique à laquelle participent les centres de Montpellier et de la Pitié-Salpêtrière est en cours pour tenter d’identifier le ou les gènes responsables.

En attendant, en cas de crise, il existe des traitements. «Pour les cas pas trop graves, 5 séances d’hypnose d’une heure permettent de remplacer la conduite automatique du somnambule par une autre (rester dans son lit, se recoucher seul)», explique le Pr Arnulf. Les cas plus sérieux bénéficieront quant à eux de médicaments visant à réduire les éveils nocturnes en les faisant dormir plus profondément.

 

 

 

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