Dormons-nous moins en vieillissant ?

Si l’on considère le besoin de sommeil d’un bébé, avoisinant les 16h par jour, et celui d’un adulte, 7h en moyenne, on peut légitimement émettre l’hypothèse que notre temps de sommeil diminue avec l’âge. D’autant plus que, passé 60 ans, l’impression d’un sommeil diminué, ou de moins bonne qualité, est souvent constatée.

 

 

Le sommeil profond en cause

Arrivé à l’âge adulte, notre quantité de sommeil nécessaire varie relativement peu. Mais à l’approche du troisième âge, le sommeil lent profond, qui permet au corps de récupérer, tend à disparaître…d’où cette sensation de moins dormir. «La différence ne concerne pas tant la quantité que la qualité, répond Joëlle Adrien, neurobiologiste, directrice de recherche Inserm. Ce n’est pas que l’on dort moins, mais moins profondément».

Il s’agit donc d’une transformation qualitative, s’expliquant par la modification des mécanismes du sommeil, dont le fonctionnement se relâche avec l’âge. Plus on est éveillé longtemps, plus la pression de sommeil grandit. «Or, ce processus est dépendant de l’âge de la personne», explique Pierre Philip, responsable de la clinique du sommeil au CHU de Bordeaux. La pression de sommeil diminuant, le sommeil est donc plus léger.

 

L’horloge biologique

Notre horloge biologique fonctionne selon un rythme circadien, au rythme du jour et de la nuit. «Elle se modifie avec le temps, précise Pierre Philip. Par exemple, les jeunes se couchent plus tard et se lèvent plus tard, et cette tendance s’inverse chez les personnes âgées.» D’après lui, ces changements arrivent plus rapidement chez les hommes que chez les femmes : «Les hommes âgés ont un sommeil moins bon que les femmes, qui sont pour leur part plus souvent victimes d’insomnies».Ces changements peuvent par ailleurs intervenir dès la quarantaine.

L’horloge biologique d’une personne âgée devient également moins dynamique. «Le différentiel éveil-sommeil est moins marqué chez les personnes âgées», pointe la neurobiologiste Joëlle Adrien.

Pour combattre les changements de son horloge biologique, rien de tel que la sieste de courte durée. Il faut également la stimuler davantage, en s’exposant directement à la lumière du jour, tout simplement en sortant de chez soi et en pratiquant une activité physique.

 

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