Des difficultés à dormir malgré l’épuisement

Il vous est sans doute déjà arrivé de traverser des périodes d’éveil prolongé, lié par exemple à un surplus de travail ou simplement à des nuits blanches à répétition, avec pour conséquence directe l’accumulation d’une dette de sommeil. Puis, au moment où votre emploi du temps vous permet de retrouver un rythme normal, il vous est alors impossible de trouver le sommeil réparateur auquel vous avez droit. Un phénomène que les médecins peuvent expliquer…

 

 

L’hyper éveil

La fatigue s’est accumulée, mais la perspective d’un repos bien mérité, un véritable sommeil réparateur, vous attend. Pourtant, une fois couché, votre corps refuse de passer en mode « sommeil ». «Si on se force à ne pas dormir pendant une trop longue période, l’organisme se met en mode « hyper éveil ». Le système de sommeil veut se mettre en place mais ne peut pas le faire car celui d’éveil est encore actif, parce que stimulé pendant longtemps » explique Olivier Coste, somnologue au CHU de Bordeaux.

Cet état n’est pas réellement anormal. Il est le plus souvent passager, le temps que votre cerveau se déshabitue de cette récente activité intensive. C’est un phénomène qui peut également se produire suite à une pratique sportive tardive, voire une journée exceptionnellement stressante. En fonction du repos que vous accordez après de telles périodes, tout peut rentrer dans l’ordre en une ou deux journées.

 

Un passage vers des troubles durables ?

L’incapacité à trouver le sommeil malgré la fatigue peut néanmoins générer un stress supplémentaire qui n’arrangera rien à la situation. «La crainte de ne pas dormir ajoute ce qu’on appelle une « anxiété de performance », c’est-à-dire du stress, à l’hyper éveil. C’est ainsi que commence la plupart des insomnies chroniques», souligne le Dr Coste.

Dans ce cas, un travail sur soi est nécessaire : il faut impérativement arrêter cette spirale menant tout droit à des troubles du sommeil plus durables. Commencez par arrêter de culpabiliser de ne pas pouvoir dormir, par exemple en imaginant la fatigue éprouvante du lendemain. Au contraire, occupez ce temps d’éveil à une activité relaxante telle que la lecture. Le sommeil peut resurgir plus rapidement (et naturellement) que prévu.

Et, c’est essentiel, respectez vos horaires habituels de sommeil, comme l’indique Céline Martinot, psychiatre et médecin du sommeil au Centre interdisciplinaire du sommeil à Paris : «Il s’agit du même principe que le décalage horaire. Il ne faut pas modifier son heure de coucher. Si l’on va au lit à 20 heures parce que l’on n’a pas dormi pendant deux jours, le corps ne va pas réussir à le faire car la mélatonine, l’hormone responsable du sommeil, est régulière de jour en jour.»

 

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